Vous êtes-vous déjà retrouvé(e) dans une situation où vos paroles ont déclenché une réaction inattendue chez votre interlocuteur ? Ou, à l’inverse, dans un contexte où des mots prononcés par la personne en face de vous ont provoqué colère, indignation ou désarroi chez vous ?

En effet, le sens de la communication est bien plus déterminé par la manière dont les paroles sont reçues, que par l’intention de celui ou celle qui les émet.

Je vous propose aujourd’hui de découvrir un outil simple mais efficace pour anticiper la manière dont vos paroles pourraient être reçues et comprendre les points de vue de vos interlocuteurs – sans forcément y adhérer

Savoir changer de chaussures

Positions de perception

Comprendre une situation, qu’elle soit conflictuelle ou non, c’est savoir se mettre à la place des différentes parties en présence. Apprendre à comprendre le point de vue de l’autre sans forcément s’y rallier.

Mais pas seulement… C’est également savoir se positionner en observateur, dans une position “méta”, neutre, d’où l’on peut observer (se représenter) les interactions entre les parties, dont soi-même.

Pour cela, on utilise une capacité formidable de la conscience : son aptitude à se projeter, à changer de position perceptuelle et se construire une représentation précise de ce que peuvent être les échanges sous différents points de vue.

Il existe donc trois positions de perception :

  • Soi
  • L’autre / Les autres
  • La position d’observateur, aussi appelée la position méta ou neutre

La technique que je vous propose consiste tout simplement à se placer alternativement dans ces trois positions de perceptions afin :

  • D’anticiper une situation à enjeux, par exemple une négociation commerciale, salariale, ou encore une rencontre probablement conflictuelle
  • De réagir de manière différente alors que vous êtes en train de vivre cette situation compliquée, sinon conflictuelle
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C’est parti !

 

Première étape : préciser la situation en question

Tout comme pour la définition d’objectif, dont vous pouvez trouver des exemples ici, il s’agit de définir à la fois le contexte, et votre objectif dans cette situation.

Où la situation prend-elle place, à quel moment, et avec qui.

 

Deuxième étape : dans vos baskets, que voulez-vous ?

Qu’est-ce qui est important pour vous dans cette situation ? En fonction de vos valeurs, de vos besoins, de vos émotions. De quoi avez-vous envie, et quel objectif voulez-vous atteindre dans la situation en question ?

Ici également, vous pouvez utiliser si vous le souhaitez la grille de définition d’objectif.

Une fois que vous êtes au clair avec vous-même, il est temps de s’intéresser à l’autre !

 

Troisième étape : se mettre à la place de l’autre

Ce n’est pas qu’une figure de style : lorsque vous faites ce travail en prévision d’une réunion, ou de toute autre situation complexe à gérer, mettez-vous physiquement à la place de votre interlocuteur : définissez une place pour vous-même, une autre pour votre ou vos interlocuteurs, et enfin une dernière pour le rôle d’observateur, nous y reviendrons juste après ! Changez de place à chaque fois que vous changez de position de perception.

Dans cette position, vous vous mettez donc littéralement à la place de l’autre : vous voyez, entendez et ressentez la situation à sa manière, de façon à comprendre, progressivement, son mode de fonctionnement.

Se mettre dans les baskets de l’autre vous permet d’atteindre deux objectifs :

  • Comprendre le “modèle du monde” de votre interlocuteur : comprendre ses valeurs, analyser la situation, entendre ce qui se dit selon ce qui est important pour lui, ressentir ce qu’il peut ressentir
  • Comprendre comment votre message initial est compris et perçu par votre interlocuteur, comment vous le percevriez vous-même si vous étiez lui, selon ses valeurs et ses besoins… Puis adaptez votre message si vous le souhaitez
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Quatrième étape : prendre du recul

Vous vous placez ici en tant qu’observateur, comme si vous observiez la situation se dérouler de l’autre côté de la caméra. Vous pouvez-vous voir, ainsi que votre interlocuteur, en train d’échanger. Vous restez neutre émotionnellement, tout en comprenant en quoi les valeurs, les besoins, et les modèles sont différents, et peut-être également là où ils se rejoignent. Depuis cette position, vous pouvez également observer comment les messages sont reçus : ce que vous dites à votre interlocuteur, comment cela est perçu par lui, ce qu’il vous dit et comment vous le percevez en retour.

Vous me direz peut-être, pourquoi faire ce travail, parfois éprouvant, pourquoi se mettre à la place de l’autre ?

Tout simplement parce que, si vous voulez que votre interlocuteur vous comprenne, et a fortiori si vous souhaitez le convaincre, n’avez-vous pas intérêt à comprendre comment il fonctionne pour adapter votre communication, et faire en sorte qu’elle “fasse mouche” ?

Vous en retirerez au moins deux bénéficies

  • Adapter votre manière de communiquer – sans changer votre objectif – au fonctionnement de votre interlocuteur
  • Voire ajuster votre objectif, votre avis ou votre démarche pour prendre en compte les besoins et valeurs de votre interlocuteurs

A vous de jouer !

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