Après avoir retracé l’histoire de la Process Com dans notre précédent article (à découvrir en cliquant ici), balayons-en rapidement 3 concepts clés : les besoins psychologiques, les questions existentielles et les problématiques.

Les besoins psychologiques

Ils correspondent à nos sources de motivations. Il en existe 8 :

  • Besoin de reconnaissance du travail : présent chez les types de personnalité Travaillomane et Persévérant. Lorsqu’il n’est pas satisfait, des tentatives de satisfaction “négatives” peuvent apparaître, elles se traduiraient ici par une tendance à se surmener.
  • Besoin de structuration du temps : présent chez le type de personnalité Travaillomane. Lorsque ce besoin n’est pas respecté, une personne de type travaillomane se sentira irritée et agacée par les personnes qui ne respectent pas les délais, ou demandent des rendez-vous dans des délais trop courts par exemple.
  • Besoin de reconnaissance des convictions : présent chez le type de personnalité Persévérant. Une personne de type persévérant qui aurait l’impression que ses convictions ne sont pas reconnues cherchera à convaincre, à avoir raison quitte à polémiquer.
  • Besoin de reconnaissance de la personne : présent chez les types de personnalité Empathique. Lorsque quelqu’un de type empathique ne se sent pas reconnu en tant que personne, il a tendance a faire des erreurs.
  • Besoin de contact : présent chez le type de personnalité Rebelle. Si une personne de type rebelle ne s’est pas “nourrie” de suffisamment de contacts, elle cherchera à provoquer, voire à agresser son entourage, de manière créative ou passive-agressive, par exemple en arrivant en retard à un rendez-vous ou en portant une tenue inadéquate.
  • Besoin d’excitation : présent chez le type de personnalité Promoteur. Lorsque ce besoin n’est pas satisfait, les personnes de type Promoteur vont prendre des risques, mettant parfois en péril leur propre sécurité, et allant jusqu’à verser dans l’illégalité.
  • Besoin sensoriel : présent chez le type de personnalité Empathique. La satisfaction négative du besoin se traduit chez les personnes de type Empathique par un état dépressif.
  • Besoin de solitude : présent chez le type de personnalité Rêveur. Les personnes de type de Rêveur qui ne satisfont pas leur besoin de solitude ont tendance à se disperser mentalement. Elles vont d’une idée à l’autre, sans passer à l’action ou sans résultat probant.

Identifier ses propres besoins psychologiques est crucial, car c’est notre carburant : les satisfaire nous donne de l’énergie et entretient notre bien-être. C’est également ce qui nous permet d’utiliser notre “ascenseur” pour voyager dans les étages de notre immeuble. Concrètement, si nous avons assez d’énergie, nous saurons nous adapter à quelqu’un ayant un autre profil de personnalité. Dans le cas contraire, la communication dysfonctionnera et nous rentrerons dans une séquence de stress.

Les deux types de besoins psychologiques importants sont d’une part ceux de notre phase – qui constituent nos sources de motivation actuelles, ce que nous recherchons au quotidien, et ceux de notre base, que nous avons normalement appris à satisfaire presque “automatiquement”, mais dont l’insatisfaction peut ressortir en cas de stress intense.

Les questions existentielles

Chaque besoin exprimé ci-dessus répond à une “question existentielle” que se pose le type de personnalité correspondant. Il en existe 6 :

  • Suis-je compétent ? Les personnes de type Travaillomane se posent cette question
  • Suis-je digne de confiance ? Cette question concernent les personnes de type Persévérant
  • Suis-je aimable ? Les personnes de type Empathique cherchent à savoir si elles peuvent être aimées
  • Suis-je voulu ? Les personnes de type Rêveur cherchent savoir s’ils ont leur place ici
  • Suis-je vivant ? Cette question est posée par les personnes de type Promoteur, qui cherche la réponse dans l’excitation.
  • Suis-je acceptable ?  Les personnes de type Rebelle cherchent, par le contact avec les autres, à savoir si elles peuvent être acceptées comme elles sont
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Comme expliqué dans l’article d’introduction à la Process Com, je peux être amené à vivre un “changement de phase”, comme 2/3 des personnes (d’après les statistiques Kahler Communication France). Ce changement de phase a deux conséquences :

  • J’ai répondu à la question existentielle de notre phase précédente (exemple : “je suis compétent” si ma phase dépassée était une phase travaillomane)
  • Une nouvelle question existentielle me préoccupe, celle de ma nouvelle phase (par exemple “suis-je voulu ?” si j’entre dans une phase Rêveur)

Par ailleurs, en cas de stress important, la question existentielle de ma base peut ressurgir sous l’effet de la situation particulièrement compliquée que je traverse alors.

La problématique

La problématique pourrait être définie comme la tension face à une situation difficile, entre deux possibilités :

  • Exprimer une émotion authentique difficile à exprimer, liée au type de personnalité, à ses besoins psychologiques et sa question existentielle
  • Exprimer ce que la Process Com appelle une “émotion de couverture”, sorte de mécanisme de défense inconscient venant “recouvrir” l’émotion authentique

Ainsi,

  • L’émotion authentique des personnes de phase Travaillomane est le chagrin lié à la perte (d’un proche, d’une opportunité, de ne pas avoir ou de ne pas être…). Lorsque cette tristesse n’est pas assumée, elle est masquée par de la “colère attaquante”, nourrie de la frustration ressentie et adressée aux proches (“Tu ne te rends pas compte de ce que tu viens de faire ! ça aurait pu mal se terminer ! C’est n’importe quoi !)
  • Les personnes en phase Empathique expriment difficilement la colère (car elles risquent, en l’exprimant, de ne pas être aimables). Elles masquent alors le colère par de la tristesse, ce que la Process Com appelle le “masque” de “Geignard”. Ce masque leur permet d’éviter les conflits, et de diminuer le ressenti de la blessure subie (“ce n’est pas si grave”)
  • Une personne de phase Persévérant éprouve des difficulté à exprimer la peur : peur de ne pas être une bonne personne, un bon mari ou une bonne femme, un bon professionnel, peur de ne pas réussir… Cette peur est masquée par de la “colère attaquante”, vécue comme juste, vertueuse. Elle se traduit par des critiques à l’encontre des personnes considérées comme pas assez engagées, ou incohérentes (“Ta façon de travailler est totalement inefficace. Cela fait plusieurs fois que je t’explique la procédure à suivre. Ce n’est tout de même pas compliqué !”)
  • Les personnes de phase Rêveur expriment avec difficulté leur sentiment de puissance personnelle.  Comme les personnes de phases empathique, elle portent alors un masque de “geignard” pour ne pas exprimer leur émotion authentique. Cependant, ce “masque” se traduit chez elles par des comportements inhibés, gênés, l’impression renvoyée qu’elles sont insignifiantes et ne se prennent pas en charge.
  • Une personne en phase Promoteur aura quant à elle du mal à maintenir un lien de proximité par peur de l’abandon. Pour masquer cela, elle va blâmer avec colère, et accuser l’autre d’être la cause de la situation problématique (“si tu n’avais pas fait cela, je n’aurais pas eu à réagir comme ça”).
  • Enfin, les personnes de phase Rebelle ont des difficultés à assumer leurs responsabilités personnelles, et présentent par exemple peu leurs excuses lorsqu’elles sont fautives. Pour masquer ces difficultés, elles expriment comme les personnes en phase Promoteur une colère blâmante, accusent et aspirent à la revanche. “J’en ai marre, c’est à cause de toi…”
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Le conflit interne entre l’expression de l’émotion “authentique” et celle de l’émotion “de couverture” et largement “inconscient”.  C’est pourquoi la connaissance de soi, de son profil de personnalité, ses besoins psychologiques et sa question existentielle est cruciale afin de prendre conscience de de nos mécanismes internes… et de prendre soin de soi.

Le mécanisme de “changement de phase” se met en place lorsque une personne est confronté de manière prolongée à une situation difficile, tout en s’”enfermant” dans son émotion de couverture. Cette étape qui peut être longue et douloureuse, amène in fine à la prise de conscience de l’émotion authentique (par exemple : je ne suis pas en colère mais triste pour une personne en phase travaillomane, ou à l’inverse je ne suis pas triste mais en colère pour une personne en phase empathique). Débute alors le changement de phase. En revanche, si cette même personne arrive à reconnaître et exprimer son émotion authentique dès l’apparition de la situation stressante, il est probable d’après Taïbi Kahler qu’elle ne change plus de phase au cours de sa vie, car elle aura su dépasser sa problématique.

La suite de cette série d’articles dédiées à la Process Com – et aux canaux de communication – est à découvrir en cliquant ici.

Si la Process Com vous intéresse, suivez l’actualité du blog pour découvrir dans de prochains articles la suite des concepts clés (canaux de communication, perception, mécanismes de stress…) ainsi qu’une synthèse de chaque type de personnalité.

Voici également trois sources d’information pour aller plus loin :

  • https://www.processcommunication.fr/, le site officiel de la Process Communication
  • S’entraîner à la Process Communication au quotidien, de Jérôme Lefeuvre
  • La Process Com, de Patrice Dubourg

Enfin, vous pouvez télécharger l’ebook que je vous offre gratuitement pour développer vos compétences et vos performances en cliquant ici.

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