On en entend souvent parler, il est omniprésent dans notre société. Chaque jour, nous y faisons face : je vous propose aujourd’hui de comprendre le stress, ses causes et ses conséquences

Note à l’attention des lecteurs : ceci est un article d’information ; pour toute question médicale sur la gestion du stress, contactez votre médecin traitant.

La définition du stress

Le stress se définit comme “l’ensemble des réponses (endocriniennes, métaboliques et comportementales) produites par un organisme à tous les stimuli de l’environnement qui menacent son équilibre interne (homéostasie)” (futura santé). Le stress est une réaction adaptative

Il est donc essentiel à la survie de l’humain et des animaux. C’est grâce à lui que nous pouvons réagir rapidement à un changement plus ou moins grand dans notre environnement. Mais, si le stress est utile et bénéfique, il peut aussi avoir des conséquences nocives si l’on y est exposé trop longtemps

L’homéostasie correspond à la capacité d’un système à garder l’équilibre de son milieu intérieur.

Le mécanisme du stress

Quand une personne est soumise à un niveau de stress important, le système nerveux sympathique s’active. Il donne l’ordre aux glandes surrénales de sécréter de l’adrénaline, ce qui a comme résultat d’augmenter les rythmes cardiaque et respiratoire, d’envoyer le sang directement dans les muscles, ou encore d’augmenter les capacités mentales et le métabolisme

En parallèle, l’hypothalamus s’active également. Il donne quant à lui l’ordre à l’hypophyse d’activer à nouveau les glandes surrénales pour sécréter du cortisol (l’hormone du stress). Il est relativement important car c’est lui qui contrôle la libération du sucre des réserves. Cela aura un effet négatif sur l’organisme si le stress – et la sécrétion de cortisol associée perdurent : baisse du système immunitaire, diminution des réponses inflammatoires (on retrouve notamment des doses de cortisol importantes chez les personnes en burn out)…

Savez-vous que le cortisol nous aide à réguler le taux de sel présent dans le corps ? Le sel joue un rôle important dans le fonctionnement cardiaque. C’est pour cela qu’un excès de cortisol (lors de stress chronique) entraîne des troubles cardiovasculaires. 

On distingue trois étapes dans la formation du stress. 

Tout savoir sur le stress

  • Etape 1 : l’alarme. On retrouve ici la première réaction à “l’agression”. Le cœur va augmenter son rythme ainsi que la respiration, pour envoyer toute l’énergie disponible aux muscles
  • Etape 2 : la résistance : Toutes les ressources à la disposition du corps sont recrutées pour faire face à “l’agression”. 

A partir d’ici, la 3e étape recouvre deux possibilités  :

  • L’adaptation : Les ressources misent à disposition ont suffi à l’individu. L’organisme récupère de l’effort fourni et retrouve son point d’équilibre.
  • L’épuisement : Le corps n’a pas réussi à combattre “l’agression”. L’organisme n’arrive plus à s’adapter. La sécrétion de cortisol continue et épuise l’organisme.

La courbe du stress 

Il est important de se rappeler que le stress n’est pas mauvais en soi. C’est ce mécanisme qui nous a permis de nous adapter et de survivre dans la nature. Il devient en revanche dangereux et mauvais quand il est trop longtemps présent.

Regardons la courbe du stress ci-après. Vous constaterez qu’il existe un niveau de stress optimal (en jaune). Ce stade permet d’être totalement concentré et d’utiliser ses capacités cognitives à leur maximum. En dessous de ce seuil (en vert), le stress peu présent voire insuffisant ne sollicite pas l’organisme et ne recrute” pas les ressources nécessaires pour la performance (attention, concentration, capacités intellectuelles ou physiques…).

Pour aller plus loin sur les aspects bénéfiques du stress, je vous conseille de lire nos articles dédiés à l’état de flow et au profil d’aptitude au défi

A l’inverse, les conséquences du stress deviennent néfastes lorsque le taux de stress optimal est dépassé (orange, rouge). Dans ce cas, l’individu s’épuisera puis deviendra par exemple anxieux et/ou en colère. Enfin, si la surcharge de stress se prolonge, l’individu peut subir un burn-out

Le burn-out correspond à un état d’épuisement chronique (physique, psychique, mental et émotionnel). La personne devient incapable de récupérer de son état sur une courte période.

Tout savoir sur le stress

(Courbe des niveaux de stress. http://cll.qc.ca/servicesadaptes/wp-content/uploads/2017/01/Courbe-du-stress-Yerkes-et-Dodson-1906.pdf)

Les conséquences du stress : l’effet du cortisol

Dans le cas d’un burn-out, on retrouve dans l’organisme du sujet beaucoup de cortisol. Quand le stress se prolonge, le corps (par le mécanisme expliqué ci-dessus) en sécrète en continu. Si les effets initiaux du cortisol peuvent être bénéfiques – contraction des muscles, amélioration de la réflexion, ils deviennent nocifs en cas de sécrétion prolongée et à haute dose : perturbation de la digestion, affaiblissement du système immunitaire. Les conséquence peuvent être diverses : insomnies, troubles relationnels, fatigue, baisse des performances physiques, perte de confiance en soi… Tout cela mène à l’épuisement physique et psychique de la personne car le cortisol utilise la réserve énergétique du corps

De plus, un taux élevé de cortisol provoque la destruction de neurones dans l’hippocampe (composant important de la mémoire déclarative) et accélère le vieillissement du cerveau. Cet effet résulte de la sensibilité accrue des neurones à la diminution de l’afflux sanguin dans l’hippocampe. 

Le stress chronique peut ainsi entraîner des troubles importants. 

La différence entre le stress normal et le stress pathologique

Pour terminer, arrêtons-nous sur la distinction entre stress normal et stress pathologique. 

Le stress normal correspond à une réponse à un changement dans l’environnement. Il est bénéfique pour l’organisme et permet à un individu de s’adapter par différents moyens (rythme cardiaque accrue, attention décuplée dans le but de faire face à la situation).

Lors du stress pathologique (ou chronique), l’organisme n’arrive plus à s’adapter aux changements. Sa capacité de modulation devient inopérante et dépassée

Enfin, ce stress “dépassé” peut laisser une trace durable dans l’organisme, peu visible de prime abord mais susceptible de déclencher une forte réaction en cas de nouveau stress.

Ce qu’il faut retenir sur le stress :

  • Le stress correspond à une réponse adaptative à des stimuli lié à un changement dans l’environnement.
  • Le stress est nécessaire pour le fonctionnement de la vie. C’est l’excès de stress qui est nocif.
  • Le système nerveux sympathique active les glandes surrénales qui vont sécréter de l’adrénaline et du cortisol.
  • Il existe trois phases de stress : l’alarme, la résistance, l’adaptation/épuisement.
  • Le cortisol (hormone du stress) produit des effets négatifs sur le corps en cas de dosage fort et prolongé.
  • Dans le cas où l’individu n’arrive plus à s’adapter correctement, le stress peut provoquer des troubles importants.

SOURCES :

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