Existe-t-il une « méditation scientifique »? En effet, depuis plusieurs dizaines d’années maintenant, la méditation devient de plus en plus populaire. Autrefois fortement empreinte de spiritualité, une nouvelle tendance appelée “mindfulness” – pour pleine conscience – a vu le jour dans les années 80. Mais que sait-on de son efficacité réelle ?  

Laïque et facile d’accès, cette branche de la méditation a depuis fait l’objet de nombreuses études scientifiques cherchant à affirmer ou infirmer les bienfaits supposés de sa pratique.

Cet article a pour pour objectif de vous proposer un regard scientifique sur la méditation : c’est parti !

Brève histoire de la méditation

La méditation est une pratique ancienne, qui serait apparue il y a environ 2500 ans – on en trouve la trace pour la première fois dans les enseignements bouddhistes vers -500 avant notre ère. Depuis, elle n’a cessé d’évoluer. Toujours rattachée à une certaine idée de la spiritualité et de la religion, des chrétiens l’expérimentent dès le premier siècle… avant de la remettre au goût du jour beaucoup plus récemment, dans les années 60, avec l’émergence du “New Age”. Bien que davantage éloignée de la religion, la méditation conserve alors une dimension spirituelle profonde. 

Ce sera seulement 20 ans plus tard que les premières recherches verront le jour sous l’impulsion de Jon Kabat-Zinn, chercheur en biologie moléculaire qui propose alors une version laïque de la méditation appelée “mindfulness”. 

Le site de l’association pour le développement de la Mindfulness en donne cette définition : “La Pleine Conscience (mindfuness en anglais) est la conscience qui se manifeste lorsque l’on porte attention intentionnellement et de manière non jugeante sur l’expérience du moment présent. La Pleine Conscience s’entraîne par la méditation formelle et des pratiques informelles.”

Les protocoles de recherches

Pour étudier la méditation, les chercheurs ont mis en place deux approches distinctes :

  • La Mindfulness based stress reduction (MBSR), diminution du stress basé sur la pleine conscience
  • La Mindfulness based cognitive therapy (MBCT), thérapie cognitive basée sur la pleine conscience

Entre ces deux approches, seul le public ciblé diffère. Ainsi, le MBSR est présenté aux patients possédants des troubles médicaux liés au stress (pathologie douloureuse, chronique) alors que le MBCT est plutôt “prescrit” aux patients présentant des troubles psychologiques (anxiété, dépression). 

Ils se rejoignent sur les autres critères, par exemples : 

  • Des groupe de 8 à 12 personnes.
  • Une durée de 8 semaines avec des séances hebdomadaires de 2 à 3 heures et une journée entière en fin de protocole.
  • Les séances comportent des exercices pratiques, l’explication des mécanismes d’action ainsi que des partages d’expérience entre les patients.
  • 30 minutes d’exercices sont prescrites quotidiennement.

Regardons à présent les résultats des études réalisées sur ces deux protocoles.

Les résultats des études scientifiques sur la méditation

Les résultats ci-dessous sont uniquement valables pour la méditation mindfulness et ne peuvent pas être appliqués aux autres formes de méditation sans études préalables. 

Les recherches ont démontré les bienfaits que l’on attribue généralement à la méditation. 

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Concrètement, la méditation permet de diminuer l’impact du stress et de la douleur dans l’évolution des pathologies organiques chroniques (cancer, diabète par exemple) et d’augmenter la qualité de vie des patients. Pour les personnes anxieuses ou addictes, la méditation diminue les rechutes dépressives, et permet un meilleur contrôle des pulsions (addictions) ainsi qu’une réduction des symptômes anxieux. 

D’ailleurs, les chercheurs ont voulu comparer les effets de la méditation avec ceux de la relaxation, du sport ou même des vacances. Est-elle vraiment plus efficace pour réduire le stress ? Ils ont ainsi observé que des vacances provoquaient la même diminution du stress que la méditation. En revanche, pour le groupe qui la pratique, les bénéfices de quelques jours de congés durent plus longtemps grâce à la méditation, et peuvent même être amplifiés pour les méditants experts. 

Les effets de la méditation sur le cerveau 

Les résultats les plus intéressants ont été découverts grâce à la neuro-imagerie. Avec cette méthode, les scientifiques ont pu observer les effets  de la méditation sur le cerveau. Ainsi, six aires du cerveau se sont “transformées” à l’aide de la méditation.On a notamment constaté une augmentation de l’activité et du volume du cortex cingulaire antérieur, responsable de la régulation des émotions, ainsi que de “l’insula antérieur”, siège de la sensibilité interne. En d’autres termes, le méditant serait plus sensible à la perception de son corps – principe même de la méditation de pleine conscience – et aurait une meilleure maîtrise de ses émotions. 

D’autres aires sont également modifiées. Par exemple, l’activité de l’hippocampe et du cortex cingulaire postérieur s’accroit. Ces aires sont responsables de la mémoire pour l’un et de l’attention pour l’autre. Enfin, l’amygdale, impliquée dans la peur et les émotions négatives en générale, diminue en volume et en activité en pratiquant la méditation. 

Les effets biologiques

Le fait le plus étonnant, et j’espère vous apprendre ici quelque chose est que la méditation semble avoir un effet sur les cellules du corps. Par exemple, la production de “C réactive”, une protéine sécrétée par le foie et responsable de l’inflammation diminue sous l’effet de la méditation. La médiation cellulaire – réaction du système immunitaire à une agression – s’améliore également. Cela entraîne une baisse de la douleur ressentie ainsi qu’une prise en charge plus rapide des maladies par le corps et donc une inflammation plus courte. La méditation a ainsi un effet sur la santé des pratiquants.

La méditation du point de vue scientifique

Les limites de ces résultats

Tous les effets présentés dans cet article sont issus d’études scientifiques réalisées à partir de protocoles rigoureux. Cependant, la recherche sur la méditation est encore récente malgré son extrême popularité et le nombre grandissant de résultats publiés. Il reste nécessaire de recréer et reproduire ces résultats par d’autres équipes universitaires pour les confirmer. 

La seconde limite concerne les sujets de ces études. Chez les méditants, nous retrouvons une proportion plus élevée de personnes touchées par des problèmes psychologiques tels que l’anxiété, la déprime etc… que la normale. Ainsi, pour obtenir des données fiables, il faudrait retrouver les mêmes conclusions à partir d’un échantillon représentatif de la population. On peut en effet difficilement généraliser un phénomène à partir d’observations réalisées sur un groupe spécifique – aux comportements et à la constitution possiblement particuliers. 

La dernière limite relève de la posologie. La méditation a des effets positifs indéniables sur la santé mais comme tout “médicament”, il faut connaître la dose nécessaire. En effet, aucune étude à ce jour ne s’est penchée – à notre connaissance – sur cet aspect extrêmement important. Faut-il méditer tous les jours ? Une fois par semaine ? Et combien de temps ? Toutes ces questions doivent trouver une réponse afin de pouvoir profiter au mieux des effets de la méditation.

Ce qu’il faut retenir de la méditation d’un point de vue scientifique.

  • Les effets de la méditation ont été prouvés par des études scientifiques rigoureuses. 
  • Ils touchent l’attention, la réduction du stress, le bien-être émotionnel ainsi que les réponses inflammatoires.
  • Les résultats des études sont encore à confirmer par d’autres recherches, de même que les modalités de méditation (fréquence et durée des séances…).

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Vous pouvez également consulter notre article Méditer ça s’apprend, et vite ! en cliquant ici.

SOURCES :

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