Cet article fait suite à la proposition de Maria, du blog Maria Medita, de partager nos méthodes de traitement des phobies – après avoir témoigné son amaxophobie (cliquez ici pour découvrir ce dont il s’agit). Vous pourrez y retrouver bientôt un condensé des techniques de développement personnel liées au traitement des phobie. Je vous propose ici de (re)découvrir ce que l’hypnose peut apporter à ces problématiques !

Connaissez-vous l’achluophobie, l’achmophobie, l’amatophobie, ou encore l’anthelmophobie ?

La première est la phobie de l’obscurité et du noir, la deuxième celle des aiguilles et objets pointus, la troisième la phobie de la poussière, et la 4e celle des vers.

Mais lorsque l’on parle de phobie, de quoi parle-t-on vraiment ?

Hypnose pour traiter les phobies

Si le terme “phobie” est entré dans le langage courant, il recouvre des réalités différentes qui nécessitent un mode d’accompagnement spécifique.

Une phobie, une “vraie” – au sens psychopathologique du terme – est caractérisée par le déclenchement de d’un réel état de panique à la simple évocation de l’objet phobique. Exemple : le simple fait de prononcer le mot” “araignée” ou de vous demander d’en imaginer une vous fait hurler et faire des bonds. Remplacez le mot araignée par le chiffre 4 et vous obtiendrez la tétraphobie, phobie qui peut sembler de prime abord illogique, mais qui se traduit par une peur intense et bien réelle chez les personnes qui en souffrent.

Il s’agit donc de distinguer ces phobies, et les états de paniques qui leur sont associés, d’états phobiques plus “légers” correspondant à des angoisses, qui méritent néanmoins tout autant d’être accompagnés. Un exemple ? Vous avez peur de l’avion : pas peur de voir un avion devant vous ou à la télévision, mais peur de prendre l’avion. Car bien que l’on sache que c’est le moyen le plus sûr, on sait tout aussi bien que ce sont les accidents les plus dangereux. Et puis, la rotation des avions – particulièrement  sur les compagnies low cost – est telle que la maintenance ne peut sûrement être effectuée que partiellement, rendant l’incident voire l’accident probables. Vous en conviendrez, ce que je vous décris ici correspond à un autre “processus” interne chez la personne dite phobique. Il s’agit en fait davantage d’une forte angoisse, consistant pour la personne en souffrant à anticiper toutes les possibilités négatives, tous les risques, et à les vivre comme probables, voire certains. Elle se protège alors de cette angoisse en évitant les situations à risque, en l’occurrence en ne prenant pas l’avion. Ces angoisses peuvent soit être partiellement surmontées (“je me dis claustrophobe mais j’arrive à prendre l’ascenseur lorsqu’il est assez grand, ou que les parois sont en verre’”) ou se renforcer, jusqu’à devenir obsessionnelles.

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Traiter les phobies avec l’hypnose

Vous vous demandez alors certainement ce que l’on peut dans chacun de ces deux cas ?

La première étape est de comprendre à quelle type de “phobie” l’on a affaire. S’agit-il d’une phobie provoquant des états de panique, ou bien davantage d’angoisses, d’anxiété liées à l’anticipation de certaines situations ?

On en vient alors aux possibilités qu’offre l’hypnose pour les traiter. Pourquoi recourir à l’hypnose ? Parce que l’état d’hypnose permet de travailler avec ce que certains appellent notre inconscient, d’autres nos ressources, d’autres encore notre conscience élargie… En hypnose, nous passons la barrière du “conscient”, de notre esprit rationnel, qui discourt, entretient nos croyances et nos valeurs, définit ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Avec l’hypnose, nous pouvons vivre l’expérience que nous souhaitons vivre, comme par exemple être à l’aise en prenant l’avion. Bien sûr, ce n’est pas une baquette magique, et le temps nécessaire à l’accompagnement et et l’atteinte des objectifs dépend de chacun. Car si l’hypnose permet à certains de transformer la phobie en une heure, il faudra à d’autres plusieurs séances pour travailler au delà du symptôme qu’est la phobie, sur le processus sous-jacent, et ainsi aider la personne à se réorganiser.

Pas de solution miracle donc, mais des résultats solides et efficaces : vous pouvez par exemple découvrir ici le témoignage de Céline sur la peur des vers et des asticots.

Dans le cas d’une phobie “d’angoisse”, comme la peur de prendre l’avion citée plus haut, un travail thérapeutique consistera dans un premier temps à comprendre comment la personne vit son angoisse : à quels moments elle se déclenche, comment se construisent et se structurent les “scénarios catastrophe”. Quelles sont également les manifestations psychologiques et physiques de cette angoisse. Puis, une fois cela compris, on pourra intervenir grâce à l’hypnose sur ces scénarii pour aider la personne à en créer de nouveaux qui lui conviennent davantage. Cela peut d’ailleurs paradoxalement passer par la construction des scénarios du pire… avant de vivre les scénarii plus agréables…

Des techniques d’hypnose comme le lieu secure et l’ancrage permettent par ailleurs de traiter les angoisses légères. Bonne nouvelles, ces techniques peuvent s’apprendre et se pratique seul, en auto-hypnose !

Si la phobie est davantage “instinctive”, et que la seule évocation de l’objet de la phobie déclenche des réactions intenses, on travaillera alors à un niveau plus “basique”, plus “émotionnel”. Il existe pour cela plusieurs protocoles d’hypnose et de programmation neuro linguistique très efficaces permettant de se “désensibiliser” – C’est l’une de ces techniques que j’ai utilisée avec Céline, dont le témoignage est à retrouver ici. Concrètement, ces techniques ont pour objectif de “remplacer” les sensations négatives par des sensations neutres, sinon positives. On travaille directement au niveau des émotions et des sensations, en court-circuitant parfois le langage.

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Bref, l’hypnose – et la programmation neuro linguistique offrent de nombreuses possibilités pour traiter les phobies. Bien sûr, cela doit se faire en concertation avec un médecin lorsque la souffrance est importante et que l’on dépasse le cadre du simple développement personnel.  Enfin, s’il existe des protocoles “standards”, chacun est unique, et mérite donc un accompagnement individualisé pour être pris en compte dans sa singularité, au delà du traitement du symptôme.

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